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   Serais – je donc ainsi condamnée ? À observer de loin le bonheur des autres, les rencontres d’amour et la naissance de ce sentiment éclore dans le cœur de chacun qui a partagé des moments de ma vie ? Tandis que moi, seule et toujours accompagnée d’un livre, ne pourrais goûter ce plaisir qui hante chaque âme de ce monde ?

     Alors soit. Faites de votre vie ce que je ne connaîtrais jamais. Et moi, je ferais de ma vie ce qu’aucun n’aura vécut. L’isolement et l’absolue certitude que jamais personne ne fera naître dans mon cœur cette affection si particulière.

      Rien ni personne n’a l’âme d’un dieu. Seule cette terrible humanité gît-ci.