Les fiancés de l’hiver, Christelle Dabos

      Cela faisait un moment que je voyais ce livre sur tous les comptes bookstagram, que j’en entendais parler dans toutes les bouches, alors j’ai succombé. La couverture m’a séduite dès le premier regard et je savais que ce monde dans lequel j’allais plonger serait un monde comme je n’en avais pas encore découvert auparavant. Voici donc la chronique des Fiancés de l’hiver, publié chez Gallimard jeunesse (édition 2016).

    « Tout a commencé par une image. Un visage sorti d’un miroir. Était-ce Ophélie qui entrait dans mon monde ou moi dans le sien ? Je ne sais plus. Ce dont je suis certaine, c’est que nous serions heureuses toutes les deux de vous accueillir de l’autre côté… » Christelle Dabos.

MON AVIS : ★★★★☆

      Dès les premières pages, on plonge dans cet univers étrange. On rencontre Ophélie, une animiste singulière : très maladroite, elle est bien loin des stéréotypes de beauté avec sa grosse écharpe capricieuse qui lui entoure le cou et ses lunettes de myope ; elle lit le passé des objets qu’elle touche, mais surtout, elle peut traverser des miroirs ! On apprend très vite que son destin va changer radicalement lorsqu’elle se rend chez son oncle préféré pour lui annoncer qu’elle « accepte » le sort qu’on lui réserve : un mariage arrangé.

Des personnages surprenants

     Je dois avouer que j’ai eu un peu de mal à m’habituer à Ophélie. Elle s’éloigne complètement de tous ces personnages idéalisés : beaux, agiles, intelligents, gracieux, charismatiques, etc. Ophélie en est tout l’opposé. Elle se cache sous des vieilleries, parle avec une voix presque inaudible et est d’une maladresse presque irréaliste. Mais elle n’en est  pas moins touchante. Les apparences peuvent être trompeuses parce que sous sa timidité, elle cache un courage surprenant. Mais elle n’est pas la seule dont le portrait détonne. Thorn, son fiancé, est un homme immense et très mince, à l’opposé de ces héros transpirants la testostérone. L’auteure a trouvé une manière de rendre séduisants des personnages atypiques. Et on les aime ! Avec leurs qualités mais surtout grâce à leurs défauts.

Un imaginaire très riche

       Ophélie vient d’Anima, un arche pacifique gouverné par Artémis, l’esprit de famille et maîtresse des objets. Lorsque Ophélie apprend que son fiancé provient du Pôle, un arche au climat glacial et réputé pour la violence de son peuple, elle comprend que sa vie va radicalement changer. Nous découvrons alors un univers complexe mais véritablement bien construit. La Déchirure a détruit l’ancien monde et a formé de nouveaux territoires, les arches. Ces terres, en orbite autour du Noyau, ne sont plus reliées entre elle et nécessitent aux habitants d’utiliser des dirigeables pour voyager de l’une à l’autre. Ophélie quitte son arche pour rejoindre celui de son fiancé. À travers son périple, l’auteure nous dépeint le tableau d’un monde aux multiples facettes : chaque arche est gouverné par un esprit de famille qui possède un don spécifique ; ces arches ont un climat unique et une population avec une culture et un accent qui leur sont propres.

     Comme Ophélie, nous voilà confrontés à un monde nouveau dont nous ne connaissons pas encore les particularités. Pendant tout le roman, nous découvrons avec elle les spécificités de ce monde : les dons des familles du Pôle ; la personnalité de Farouk, l’esprit de famille ; les vices et coutumes de la population, nobles comme serviteurs etc. Son déguisement lui permet d’explorer ce qui est caché et de se mêler au serviteurs, c’est à dire ceux qui savent et qui cachent les secrets de leurs maîtres, ou d’eux-mêmes. C’est un monde foisonnant qui nous est exposé pendant tout le roman. Un monde curieux, certes, mais qui se révèle bien plus dangereux lorsqu’on gratte tout « le vernis sur la crasse » (Archibald).

Une intrigue lente mais nécessaire

        Comme l’indique le titre du roman, l’intrigue est centrée sur les fiançailles d’Ophélie et de Thorn. Mais chose surprenante, le roman ne nous donne aucune satisfaction concernant une quelconque romance : les fiancés de l’hiver ont une relation des plus glaciales. Par ailleurs, il n’y a pas tellement d’action dans ce roman. Ophélie quitte Anima, rejoint le Pôle et reste cachée à la Citacielle (capitale de l’arche). De là, elle est confrontée aux mondanités propres aux enfants de Farouk. Malgré les humiliations qu’elle subit des différents personnages, elle ressort grandit et alerte sur ce qui se passe au Pôle. Elle comprend peu à peu les véritables enjeux du mariage et le rôle qu’elle devra jouer. La narration est donc lente mais finalement, elle permet de structurer l’univers si particulier de l’auteure.

CONCLUSION : une plume à dévorer goulument

        Ce roman présente l’ascension d’Ophélie dans un milieu en total opposition avec sa personnalité et ses valeurs. La progression du personnage et la mise en place du complot importent plus qu’une intrigue pleine de rebondissements. La plume de Christelle Dabos magnifie le tout. La richesse de son vocabulaire a véritablement rassasié ma gourmandise littéraire. J’ai pris plaisir à lire chaque page et j’en veux encore toujours plus. Avec ce premier roman, l’auteure a su prouver qu’elle a bien sa place dans le monde littéraire.

2 réflexions au sujet de « Les fiancés de l’hiver, Christelle Dabos »

  1. Tu as tout dit 😊 c’est très riche par l’imaginaire. Et c’est vraiment au tome 2 que j’ai accroché en comprenant que l’intrigue, comme tu le dis, est certes lente mais nécessaire pour bien tout développer. Bonne lecture, vraiment 😊

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