Berserk, t.1, Kentaro Miura

Par hasard, j’ai découvert une image issue du manga Berserk. Une image qui a résonné en moi. Je ne sais pas si cela vous est déjà arrivé, vous savez, de voir un paysage, une scène dans un film ou même d’entendre une musique qui résonnent en vous comme s’il existait quelque chose à l’intérieur de votre âme qui y appartient. Cette image a évoqué quelque chose qui sommeille en moi. Une chose très sombre. Et puis, plus tard, c’est mon copain qui m’a fait découvrir Berserk. J’ai d’abord regardé les animés mais ils n’étaient pas complètement aboutis. Il n’y avait pas de suite au passage qui m’a le plus intéressée. Alors, quoi de mieux que de découvrir le manga et d’y plonger, corps et âme ?

MON AVIS : ★★★★☆

Les premières planches du manga illustrent tout l’univers de Berserk : sexe, monstres, violence et mort. Ce n’est pas un univers accessible pour tout lecteur. La mention « pour lecteurs avertis » sur la couverture annonce immédiatement la couleur. Et en effet, tout ce qui suit prouve clairement l’horreur d’un monde déchu, d’une époque moyenâgeuse en proie aux pires démons qui n’aient jamais existé. Qui est Guts, le personnage présent dans tout le manga ? Quelle est son histoire ? Quel est ce monde dans lequel pullulent les pires démons ? C’est ce que ce premier tome va nous raconter.

Un monde souillé : les prémices

Le tome se divise en trois parties. Chaque partie recouvre un aspect particulier dans l’histoire : soit un démon à combattre (comme le fameux boss final dans les jeux vidéos), soit la révélation d’un détail important dans la vie du héros, soit la progression de l’arc narratif principal. Dès les premières planches, on comprend l’atmosphère dans laquelle le personnage va évoluer. Le sexe se mélange à la violence, aussi omniprésent que la mort et la répugnance. Ce mélange de thèmes résonne en moi étrangement. Est-ce les fameuses pulsions de vie et de mort décrites par Freud qui se réveillent lorsque je parcoure les pages de ce manga ? Est-ce l’écho étrange que je ressens en comprenant d’où vient l’inspiration du créateur d’Alien, oeuvre qui a toujours provoqué en moi une fascination morbide ? Ayant toujours été attirée par les univers de fiction les plus macabres, Berserk sustente tout ce que j’ai pu innocemment recherché dans la fiction.

Alors que l’atmosphère est établie dès le départ, la mise en place de l’intrigue est, au contraire, bien plus lente. Ce premier tome ne nous dévoile que quelques éléments de l’histoire, sans jamais rentrer dans les détails. Nous ne savons littéralement rien de ce monde, ni de ses origines. Ce tome ne sert que de préliminaires morbides. Toutefois, la fin nous réserve un cliffhanger insoutenable qui annonce des révélations majeures pour la suite.

Un héros torturé

Nous devinons aisément que le personnage principal de Berserk est Guts, un mercenaire dont l’épée est aussi grande et lourde que lui. Impitoyable, bourru et déterminé, tel est le portrait de ce personnage déshumanisé. En apparence du moins. Son seul objectif : détruire tout démon qui se met sur son chemin.

Au fur et à mesure de sa traversée, Guts rencontre tout type d’individu : des soldats assoiffés de violence, des démons cruels qui trônent au pouvoir, des victimes, des faibles et des « dommages collatéraux ». Parmi eux, Guts fait la connaissance de Puck, un étrange petit elfe qu’il a sauvé de justesse des brigands. Enfin, c’est plutôt Puck qui impose sa présence à Guts. Tout au long de ce tome, ce petit être l’accompagne et contrebalance la violence et la brutalité de Guts par son humour et sa malice. Ce duo fait néanmoins émerger quelques questions : pourquoi Guts se comporte-t-il ainsi ? Est-il aussi assoiffé de sang que les démons qu’il combat ? Qui est-il finalement ?

CONCLUSION

Ayant vu les animés, je ne m’attendais pas du tout à ce qui se déroule dans ce premier tome. Mais il m’a rendu encore plus curieuse. Je comprend encore mieux l’engouement autour de ce manga qui, je l’avoue, s’apparente à un chef d’oeuvre du genre. Les dessins, la personnalité de Guts, les enjeux qui se construisent petit à petit, bref, cet univers si singulier nous invite à plonger à l’intérieur, quitte à y laisser sa peau.

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MIURA Kentaro. Berserk, tome 1. Glénat : 2017 (collection : Seinen).
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