Éphémère.

Est-ce une terrible ironie que d’aimer un mot dont le symbole peut-être à la fois cruellement magnifique et superbement triste ?

Il est probablement fou d’aimer un tel mot qui n’apporte à ma vie qu’une douce amertume. Pourtant, comme toute émotion négative, je ne peux m’empêcher de l’aimer.

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Photo : Andreas Kind.

 

J’aime la magnificence de l’instant et la brièveté d’une beauté qui disparaît en quelques secondes. J’aime ces moments délicieux qui s’écoulent aussi rapidement qu’un minuscule grain de sable. J’aime particulièrement ces sensations superbes et si courtes qui me font croire qu’elles n’ont jamais réellement existé. J’aime particulièrement consommer mes relations comme un désaltérant breuvage qui apaise ma soif. Mais cet amour pour l’instant et l’éphémère me rend également profondément mélancolique.

Mes relations disparaissent avec la même majestuosité qu’un coucher de soleil. Une fois le zénith atteint, il s’affaisse dans le ciel. Il prend son temps mais plus l’horizon approche et plus il s’épanouit de couleur. Le ciel alentour se peint d’une multitude de teintes avec la même intensité que les émotions qui éclatent et s’étiolent dans mon cœur. Mais on ne peut plus être dupe : par delà les pâles couleurs, la nuit noire approche rapidement pour engloutir ce qu’il reste du souvenir passé du soleil. Enfin, cet astre touche la ligne lointaine de l’horizon avant d’être finalement englouti par la Terre.

La relation n’existe plus, il ne reste qu’un vestige lointain, encore visible par les rares émotions qui subsistent encore dans son sillage.